Guerre d’Indochine : Nogent se souvient

Publié le 3 novembre 2020

Les conditions sanitaires nous ont empêché de pouvoir commémorer le 2 novembre le souvenir de ceux qui ont combattu, de 1946 à 1954, pour maintenir la présence française en mer de Chine.

Néanmoins, nous ne devons pas oublier les 20 000 Français, 11 000 légionnaires, 15 000 Africains et 46 000 Indochinois qui sont morts là-bas, pour la France, parfois sur un champ de bataille, mais principalement au détour d’un chemin, dans la boue d’une rizière, ou bien encore dans les horribles camps Vietminh où les ¾ des prisonniers trouveront la mort.

Du côté des troupes d’Hô Chi Minh et du Général Giap, ce sont près de 500 000 hommes qui perdront la vie durant les 8 années que durera cette guerre.

Ainsi, ce fut bien un véritable drame qui se déroulait en Asie. Mais l’éloignement géographique se doublait d’un éloignement politique, la métropole de l’époque sortant à peine de la Seconde Guerre mondiale et aux prises avec les balbutiements de la IVe République. Le combat pour le maintien de la présence française en ces terres lointaines ne trouvait donc que peu d’écho auprès de la population.

Il faudra attendre les désastres de Cao-Bang et bien sûr de Dien Bien Phu – avec ses 57 jours de combats acharnés – pour que la France se rappelle qu’au loin, de jeunes combattants se battaient et mouraient pour elle.

Donc oui, nous ne devons pas oublier. Parler de ces combats permet de faire vivre la mémoire.

Ne pas oublier nos morts. Tous nos morts, Français et étrangers, tombés pour faire vivre la France et ses valeurs. Les monuments dédiés aux Cambodgiens, aux Laotiens et aux Vietnamiens tombés au champ d’honneur dans l’armée française qui se trouvent au jardin tropical du Bois de Vincennes et au cimetière de Nogent nous rappellent les origines multiples de ceux qui se sont engagés, au risque de perdre la vie.

Si nous commémorons les batailles et les guerres d’hier, ce n’est pas pour vivre tournés vers le passé, en nourrissant d’amertume et de ressentiment les générations présentes. Non, se souvenir aujourd’hui, comprendre d’où nous venons, tirer les leçons des grands conflits, nous permet de mieux nous ancrer dans le présent et de nous projeter vers l’avenir.

Notre Histoire est le fil qui relie toutes les générations françaises. Il y a une part de nous dans tous les événements que nous célébrons durant l’année. C’est bien pour cette raison qu’il est fondamental de ne pas perdre cette tradition du recueillement et de l’hommage malgré la situation exceptionnelle.

Aujourd’hui, loin des clichés et des idées reçues, j’invite tous les Nogentais à se souvenir du courage, de la solidarité, de la fidélité aux valeurs qui fondent notre pays et qui ont animé tous nos formidables combattants lors de cette terrible épreuve que fut la guerre d’Indochine.

Je profite également de cette occasion pour saluer tous nos militaires actuellement engagés aux quatre coins du monde, au service de la paix et de la stabilité.

Longue vie à nos soldats. Respect et honneur à eux ainsi qu’à leurs familles.

Vive la France !

Jacques J.P. MARTIN
Maire de Nogent-sur-Marne
1er Vice-Président du Territoire ParisEstMarneBois
Défiler vers le haut