65e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu

Publié le 7 mai 2019

Mardi 7 mai 2019, la cérémonie du 65e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu, s’est déroulée à Nogent en hommage aux combattants de l’Union Française en Indochine (1945-1954) et à ceux de Dien Bien Phu (20/11/53-07/05/54).

Allocution de Jacques J.P. Martin, maire de Nogent-sur-Marne et président du territoire ParisEstMarneBois :

« Après avoir salué la présence du colonel Jean Luciani, du Général Bontête, du colonel Roussel de la légion étrangère, de Monique Oliveira Présidente de l’ANAI.

Madame Goudouneix Françoise secrétaire nationale de l’association des combattants de l’Union Française l’amicale des combattants de Dien Bien Phu : le colonel Tran Dinh Vy et Wiliam Schilardi, vous toutes et vous tous en vos grades et fonctions.
Comme chaque année à l’invitation des représentants des combattants de l’Union Française d’Indochine et de ceux de Dien Bien Phu nous sommes ici réunis pour honorer la mémoire de ceux qui ont combattus lors du Vietnam.

Pour résumer mon état d’esprit, 3 mots : Honneur, fidélité et émotion.

Mesdames, Messieurs,

65e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu-Nogent-sur-Marne65 ans après le Verdun asiatique, nous sommes réunis pour commémorer la bataille de Dien Bien Phu qui fut sanglante et furieuse.

Dans cette vallée perdue du Haut Tonkin, aux confins du Laos et du pays thaï, l’armée française avait décidé de se confronter aux divisions de l’armée populaire du Nord Vietnam.

À partir de 1954, le Général Navarrequi dirigeait les forces françaises avait comme plan celui de s’occuper du centre du Vietnam et de s’attaquer ensuite au Nord, le Sud étant déjà pacifié.

L’objectif au Nord, au-delà du delta du fleuve rouge sécurisé, était de mobiliser les maquis issus des minorités dans les régions hors Vietnam pour affronter le gros des forces du Général Giap, commandant les forces du Vietminh sur des terrains choisis pour implanter des garnisons aéroterrestres provisoires.

Après avoir réussi à Na San en 1952, l’étape suivante fut Dien Bien Phu autour d’un terrain d’aviation.

Mais l’échec avait été annoncé par les aviateurs, car, pour eux, le site était trop loin de Hanoi pour assurer une bonne rotation, le plafond y était très bas et la saison des pluies arrive très tôt.

65e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu-Nogent-sur-MarneMalgré ces éléments, le piège de Dien Bien Phu se mit en place après l’arrivée sur le site en novembre 1953 des paras.

Début 1954, les Français savent que le Général GIAP dirige, vers cette zone, ses meilleures divisions et son artillerie.

Le Général Navarre trouve qu’il est temps de remporter une victoire pour influencer la Conférence de Genève qui va débuter en mai 1954. La bataille de Dien Bien Phu est bien incontournable du fait de la dimension politique que revêt ce conflit à Paris.
La vallée est protégée par des points d’appui baptisés de prénoms féminins : Gabrielle, Isabelle, Eliane, Béatrice…

Selon le 2e Bureau, le Vietminh ne peut pas engager plus de deux divisions dans la région et les communications sont si difficiles que les Viets devraient être incapables d’y amener des canons de plus de 75 mm. Les artilleurs français sont confiants. Fatale erreur, le 13 mars, les obus Vietminh pleuvent, les nuits d’assaut seront terribles, les pitons vont tomber les uns après les autres et la piste d’aviation sera très vite inutilisable. Le 17 mars, le pont aérien est interrompu.

Malgré les contre attaques courageuses dont celles organisées par le Commandant Bigeard largué le 16 mars, sur la cuvette à la tête de son 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux.

Malgré ces contre-attaques qui décimeront les rangs du Vietminh, la bataille devient une agonie.

Notre corps expéditionnaire, du fait que l’Etat-Major français a méprisé son adversaire, est pris au piège par des soldats aux pieds nus, préparés, endoctrinés pour une guerre révolutionnaire. Ils effectuent un travail de termites autour du camp.

Le 30 mars, la 2e phase de l’offensive du Vietminh est lancée… Les légionnaires et parachutistes français font preuve d’une énergie surhumaine. Les pertes du Général GIAP sont considérables mais, arrivent des renforts.

Fin 1953, 60 000 Viets encerclent 12.000 Français, Marocains, Algériens et Thaïs.

Fin avril 1954, dans le camp retranché, il reste 3.000 combattants valides, plus de 2 600 sont isolés au Sud dans la position Isabelle.

Sous un déluge de feu permanent dans la boue, sans eau potable, sans vivres et sans munitions suffisantes, les bérets rouges et les képis blancs repoussent les limites de l’héroïsme.

C’est Verdun sans la voie sacrée dira le Colonel de Castries. Ho Chi Minh refusera l’intervention de la Croix-Rouge pour évacuer les blessés.

Le 7 mai à 16 heures, après 57 jours de combats, c’est la fin !

Quand la nouvelle arrive à Paris, l’Assemblée Nationale est en séance. Les seuls qui refusent de se lever pour rendre hommage aux hommes de Dien Bien Phu sont les députés communistes.

Sur 16 000 hommes de la garnison, on comptera 1 600 morts, 1 600 disparus, 4 800 blessés et 8 000 personnes dont à peine 3 900 reviendront vivants.

Coté Vietminh, le bilan est de 10 000 morts et 200 000 blessés.

Tout est perdu, la bataille et toute possibilité de négocier. Il faudra concéder à Ho Chi Minh la moitié du Nord du Vietnam.
Le 21 juillet, l’armistice est signé, les dernières troupes françaises quitteront, en 1956, un pays coupé en deux.

Pour les Vietnamiens du Sud, la guerre continuera aux côtés des Américains et se terminera en 1975, par la chute de Saigon.
En rendant hommage aux combattants de l’Union Française morts lors de cette bataille nous honorons des français qui ont perdus la vie pour la liberté du peuple vietnamien face à la pression soviétique et chinoise.

65e anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu-Nogent-sur-MarneHonneur à nos combattants, honneur à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie à Dien Bien Phu et au Vietnam. Ils se battaient pour les valeurs de la République et pour une certaine idée de la France dont la présence était nécessaire dans une région où la géopolitique était forte et disputée.

Saluons avec solennité et respect ceux qui sont ici présents et qui ont participé à cette grande page de notre histoire contemporaine. »

Allocution du Capitaine Marceau Martin, président national de l’Association des combattants de l’union française (pdf- 400 Ko)

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