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« Fontaine Wallace, pavés, bout de la tour Eiffel… Nogent-sur-Marne, «bientôt plus parisienne que Paris» »
Merci Le Parisien pour ce bel article paru aujourd’hui, le 25 mai 2021, signé Laure Parny :
Fontaine Wallace, pavés, bout de la tour Eiffel… Nogent-sur-Marne, «bientôt plus parisienne que Paris»
NOGENT-SUR-MARNE
La ville, qui possède le seul pavillon des halles parisiennes sauvegardé, le pavillon Baltard, vient d’acquérir une plaque de rue lors de la vente Paris mon amour. Après la passerelle des arts ou une entrée de station de métro, sa collection s’agrandit.
Les pavés au sol, la magnifique plaque « Square du Vieux-Paris » illuminée par le soleil, des bancs en bois et en fer, et une fontaine Wallace à admirer. Tous les clichés de la capitale française sont bien là. Sauf que la balade ne nous a pas menés dans le Marais parisien mais bien en banlieue ! Nogent-sur-Marne «sera bientôt plus parisienne que Paris », sourit Me Christophe Lucien. Le commissaire-priseur a une fois de plus remporté un exceptionnel succès populaire il y a quelques jours avec sa 11e édition de la vente Paris mon amour.
Une parfaite occasion pour la ville de Nogent de poursuivre sa sauvegarde du patrimoine parisien, commencée dans les années 1960. La ville a pu s’offrir cette fois-ci, pour 320 euros, une authentique plaque de rue émaillée, verte et blanche, du XIXe siècle, au nom de « rue Baltard ».
« Elle trouvera évidemment toute sa place dans la nouvelle allée que nous avons créée entre le pavillon Baltard et la gare du RER A », précise Jacques J.P. Martin, le maire (LR) de Nogent.
L’élu se souvient avec émotion de l’époque où, jeune collégien, il a commencé à suivre les exploits de Roland Nungesser, qu’il surnomme affectueusement « le brocanteur de l’Est parisien ». Alors maire de la ville, puis brièvement président du conseil général du Val-de-Marne à sa création, l’élu historique de la commune se battait pour récupérer l’un des douze pavillons des halles parisiennes. Ils avaient à l’origine été commandés par Napoléon III à Victor Baltard, mais dans les années 1960, ils furent promis à la démolition après la création du marché international de Rungis.
Les pavés du boulevard Saint-Michel après Mai 68
« Roland Nungesser avait écrit au Premier ministre Chaban-Delmas, avec l’appui de Michel Giraud, maire du Perreux et président du conseil d’administration du district de la région parisienne, rappelle Jacques J.P. Martin. Mais un certain Jack Lang espérait aussi l’emporter, au nom de la ville de Nancy ! »
Le pavillon Baltard sera finalement reconstruit à Nogent, en 1976, sur le site de l’ancien dépôt des locomotives de la ligne de la Bastille, grâce notamment à des morceaux de plusieurs pavillons, tant la démolition avait fragilisé certaines pièces.
Après cet exploit, les acquisitions de la ville se multiplient. « Peu d’habitants le savent, mais après Mai 68, Paris a retiré les pavés du boulevard Saint-Michel… et devinez qui les a récupérés ? s’amuse Jacques J.P. Martin. Au moins trois camions les ont amenés ici pour créer le square du Vieux-Paris ! » Ils servent de socle solide à des bancs parisiens et à une fontaine Wallace en très bon état.
Impossible en revanche de la remettre en eau, la ville a bien essayé, mais plus personne ne fabrique les pièces qui seraient nécessaires.
Roland Nungesser a suffisamment fait savoir qu’il ne veut pas assister à la dilapidation des symboles parisiens. Jacques Chirac acceptera par exemple de lui céder pour un franc symbolique des morceaux du pont des Arts, construit sur la Seine de 1801 à 1803. Nogent en garde ainsi, grâce à sa passerelle installée au port, les seuls vestiges. Également sauvée par Nogent, une partie originale de l’escalier de la tour Eiffel a finalement été revendue après avoir subi les assauts de la météo.
Mais il reste bien l’entrée Guimard de la station de métro George V, qui trouvera sa place d’ici peu dans le nouveau bâtiment de la gare du RER A. Sans oublier l’horloge de la halle de la Villette, précieusement conservée dans les sous-sols du pavillon Baltard.
« Quand c’est possible financièrement, on ne laisse pas passer une occasion de sauver des éléments du Paris du XIXe. Notre force c’est d’avoir les pieds bien ancrés dans notre histoire », insiste Jacques J.P. Martin.
Il est aidé dans cette quête par Me Lucien, dont l’étude est située à Nogent.
« Je me réjouis que certains soient sensibles à ces éléments aussi emblématiques de l’histoire de Paris, la ville est toujours destinataire de nos catalogues », souffle Christophe Lucien. Sa dernière vente Paris mon amour a même battu tous les records de connexion au live du site des enchères de Drouot ! La ville voisine de Bry a elle aussi acquis une fontaine parisienne pour 1 200 euros.
Actuellement, le pavillon Baltard est un lieu de spectacles, de séminaires et autres salons, notamment celui du chat. Mais l’idée d’un rendez-vous annuel qui rappellerait l’ancienne fonction du bâtiment, ce pavillon numéro 8 dans lequel on vendait le beurre, les œufs et les poules, trotte encore dans la tête de certains Nogentais. La création d’un rendez-vous culinaire est en discussion avec l’actuel directeur… des halles de Rungis !
par Laure Parny




