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Célébration du 85ᵉ anniversaire de l’Appel du 18 juin à Nogent-sur-Marne
Mercredi 18 juin 2025. Il est 18h30, place Roland Nungesser. Le silence s’installe, chargé d’Histoire. Face au buste du Général de Gaulle, les Nogentais se rassemblent pour rendre hommage à l’homme du 18 juin, à sa voix solitaire qui, depuis Londres, traça la ligne de la Résistance.
À l’occasion du 85ᵉ anniversaire de l’Appel historique du Général, la Ville, aux côtés des associations d’anciens combattants et victimes de guerre, a organisé une cérémonie commémorative empreinte de solennité et de mémoire. Elle s’est tenue en présence du Maire, Jacques J.P. Martin, 1er Vice-Président du territoire ParisEstMarne&Bois, du sous-préfet du Val-de-Marne, Sébastien Humbert, qui a lu le message officiel de Mme Patricia Mirallès, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.
Dans ses mots, la ministre a rappelé la puissance fondatrice de cet appel lancé « par un général inconnu, sans troupes ni moyens, mais avec une conviction indestructible ». Un moment d’histoire devenu promesse :
« L’Appel du 18 juin devint une onde, un souffle, une chaîne humaine reliée par des liens invisibles. […] Ce sont des mots à creuser, comme la terre meuble après la pluie, des mots vivants, qui résonnent en nous. »
Le Maire a lui aussi livré une allocution marquée par la gravité des temps et la nécessité de transmission. « Célébrer le 18 juin, ce n’est pas seulement s’enfermer dans le passé, a-t-il déclaré. C’est puiser dans la mémoire pour affronter les défis du présent. » Dans une société en proie aux tensions, il a rappelé combien les valeurs de résistance, de civisme, d’unité nationale et d’engagement collectif demeurent essentielles.
L’émotion fut palpable lorsque la voix originale du Général de Gaulle, enregistrée à la BBC en 1940, s’est élevée à travers la place. L’écho vibrant de cet appel à ne pas céder à la défaite a suspendu le temps.
Des élèves de la Section Internationale Britannique du collège Watteau ont donné une résonance croisée à l’événement en lisant un extrait du discours « Their finest hour » prononcé par Winston Churchill le même jour devant la Chambre des Communes. En anglais, l’allié répondait au Général.
Le recueillement s’est poursuivi par le dépôt de gerbes, notamment par les élus et les représentants de la FNACA, dont Gérard Delbex, accompagné de deux élèves du collège Watteau.
Enfin, la cérémonie a été marquée par un moment de reconnaissance : la remise de l’insigne officiel des porte-drapeaux à Yves Dagher, né en 1994, fidèle porte-drapeau de la FNACA depuis 12 ans, salué pour son engagement ininterrompu au service de la mémoire.
Par-delà les discours et les hommages, cette commémoration a rappelé que la voix du 18 juin ne s’éteint jamais vraiment. Elle continue d’éclairer les consciences et d’inviter chaque génération à faire vivre les valeurs de la République. À Nogent, comme partout en France, le sursaut du Général demeure un point d’appui dans l’incertitude.
85e anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940
55e anniversaire de la mort du général de GaulleAllocution de Jacques J.P. MARTIN
Maire de Nogent-sur-Marne, 1er Vice-Président du territoire ParisEstMarne&Bois
Monsieur le Sous-Préfet,
Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les Anciens Combattants,
Chères Nogentaises, chers Nogentais,
Nous sommes aujourd’hui réunis, comme chaque année, pour rendre hommage à un homme, à un appel qui incarnait et qui incarnera toujours ce que peut-être un sursaut de l’Histoire : celui du Général de Gaulle, du 18 juin 1940.
Je tiens d’abord à vous remercier pour votre présence fidèle, empreinte de recueillement et de reconnaissance. Pour moi, vous le savez, cet hommage n’est pas qu’un rituel. Il est aussi profondément personnel, en tant que fils d’un homme engagé, comme beaucoup d’autres, dans la France Libre. Cet hommage est également éminemment collectif. Dans le tumulte de notre époque et la multiplication des conflits régionaux dans le monde, la France s’interroge sur la pérennité de ses valeurs. Elle doute, vacille parfois face une hystérisation de la société. Il est donc vital que chacune et chacun se souvienne de ce que nous sommes capables d’accomplir lorsque nous nous rassemblons autour des valeurs fondamentales de notre République pour tous les sujets déterminants qui alertent notre pays et tous les Français.
Le 18 juin est l’un de ces rares jalons de notre Histoire qui transforment un effondrement en espoir. Une date qui ne célèbre ni une victoire militaire ni une capitulation, mais bien un acte de foi partagé par les français pour l’avenir de la France. C’est la naissance d’une volonté déterminée de résistance, d’un refus de l’abandon, d’un grand « oui » à la dignité.
En 1940, dans le noir d’une France occupée et résignée, un homme seul a parlé. Sans armée, sans territoire, sans pouvoir en réalité. Il n’avait qu’une conviction et un micro : celui prêté par la BBC.
En fait, l’Appel du 18 juin n’a été entendu que par quelques privilégiés le jour même. Mais il a semé les graines d’une révolte lucide et durable, qui allait conduire à l’unification des réseaux spontanés de la Résistance face à l’occupant, puis à la Libération.
Oui, Charles de Gaulle a dit non.
Non à la soumission.
Non à la collaboration.
Non au renoncement.
Ce « non » doit résonner encore aujourd’hui dans notre société, parce qu’il transcende les circonstances face à la défaite. Il nous parle d’honneur, de courage, de bien commun, d’ambition collective. Il nous pose devant nos choix et nos responsabilités.
Pour bien comprendre cet Appel du 18 juin, permettez-moi de vous rappeler ce que le Général déclarait le 20 avril 1941 au Caire :
« Je suis un Français libre.
Je crois en Dieu et en l’avenir de ma patrie.
Je ne suis l’homme de personne.
J’ai une mission et je n’en ai qu’une, celle de poursuivre la lutte pour la libération de mon pays.
Je déclare solennellement que je ne suis attaché à aucun parti politique, ni lié à aucun politicien, quel qu’il soit, ni du centre, ni de la droite, ni de la gauche.
Je n’ai qu’un but : délivrer la France. »
Aujourd’hui, 85 ans plus tard, la France est une nouvelle fois face à des défis immenses. L’époque est différente, les périls intérieurs et extérieurs également, mais l’exigence morale demeure même si les causes résistent.
Nous assistons, médusés, à une montée progressive des tensions, à une société fracturée où les violences s’installent. Le stade des simples « faits divers » est largement dépassé.
Il y a quelques jours encore, des affrontements insensés ont endeuillé notre pays à l’issue d’un simple match de football. Aux scènes de liesse se sont succédés les actes révoltants, des violences sauvages et gratuites, des saccages et des destructions que nous ne pouvons plus tolérer.
Et que dire de l’horreur absolue : cette surveillante de collège assassinée à coups de couteau dans l’exercice de sa mission, celle d’éduquer, de protéger, de transmettre ?
La violence est en train de pourrir notre République de l’intérieur, petit à petit. Elle déstabilise. Elle interroge brutalement les fondations de notre société.
Elle devrait nous obliger à réagir ! Pas seulement avec des mots, mais avec une volonté collective déterminée, ferme, cohérente, à la hauteur des principes que nous prétendons défendre. Nous demandons à l’Etat d’agir et non de réagir !
Oui, célébrer le 18 juin, ce n’est pas seulement s’enfermer dans le passé, c’est puiser dans la mémoire pour affronter les défis du présent. C’est se rappeler que la France n’est grande que lorsqu’elle fait bloc autour d’une certaine idée d’elle-même. Ce fut une idée portée et incarnée par le Général de Gaulle faite de justice, d’humanisme, de civisme, de respect de l’Homme !
De Gaulle incarne le soldat bâti sur le sens du devoir, au service de la France, sa patrie. Résistant au sens le plus noble du terme, il est celui qui a dit « non », celui qui a refusé de céder à l’inacceptable. Celui qui a fait preuve d’un courage sans faille pour tenir seul face à l’isolement de la France souhaité par les alliés.
Face à la défaite, il a décidé de résister car l’avenir et la liberté de la France étaient ce prix.
Son parcours suscite encore aujourd’hui la stupéfaction. Car tout se passe comme s’il savait d’avance quels seraient les grands rendez-vous de l’Histoire : la Résistance, le gouvernement provisoire mais aussi l’Europe, la décolonisation, la distance prise avec l’hégémonie des Etats-Unis, le rapprochement avec la Chine et l’URSS, l’énergie atomique, la caravelle, le concorde, le lanceur Ariane, la nationalisation des services publics, la participation des français à la performance de leurs entreprises… la France est véritablement entrée dans le 20éme siècle grâce au Général de Gaulle.
Un sens de l’Histoire étonnant, qui est à l’origine du statut international de la France d’aujourd’hui… nous ferions bien de nous inspirer davantage de tout cela.
L’Appel du 18 juin doit donc nous inspirer encore et toujours. Il nous rappelle qu’aucune fatalité n’est jamais acceptée en France et que chaque génération a un combat à mener pour préserver notre bien commun.
Aujourd’hui, le nôtre est clair : défendre notre modèle républicain, notre École, nos institutions, notre police, notre sécurité, notre identité, nos valeurs. Face aux extrêmes, face aux haines et aux renoncements. Comme hier, le moment n’est pas de baisser les bras.
Le Général de Gaulle avait su incarner, dans le chaos, le courage et la clarté d’un cap. Il a montré que si la France peut tomber, elle se relève toujours quand elle reste fidèle à elle-même.
À nous désormais d’être à la hauteur de cet héritage magnifique et de revenir à l’essentiel : la fierté d’un pays qui compte et le rayonnement universel de ses valeurs.
Je vous remercie.





















