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Studio MI > L’instant du lieu

Publié le 21 juillet 2025

Rencontre avec Linna Guo, fondatrice du Studio Mi, cabinet d’architecture d’intérieur spécialisé dans la transformation et l’aménagement d’espaces de vie et d’investissement, où le design n’est pas une démonstration, mais une conversation avec l’espace existant et ceux qui l’habitent.

NOGENT MAG : Votre parcours vous a menée à créer Studio MI à Nogent-sur-Marne. Qu’est-ce qui vous a donné envie de poser vos valises ici pour y faire vivre votre vision du design ?
LINNA GUO
 : Mon parcours m’a toujours conduite là où le design pouvait dialoguer avec l’humain, avec le quotidien, avec une certaine forme de poésie fonctionnelle. Après plusieurs expériences en agence et en freelance, j’ai ressenti le besoin de créer un lieu à mon image — un espace où je pourrais concevoir en toute liberté, en tissant des liens authentiques avec les clients et les artisans.

Nogent-sur-Marne s’est imposé assez naturellement. C’est une ville à taille humaine, avec une énergie créative discrète mais bien présente, et surtout une richesse locale en termes d’artisanat, de savoir-faire et de curiosité. Ici, je peux faire vivre ma vision d’un design ancré, sincère et accessible. Le Studio MI y est à la fois un atelier, un lieu d’expérimentation, et un point de rencontre entre les idées, les matériaux et les gens.

NM : Chez Studio MI, on parle de projets sur mesure, mais aussi d’une approche humaine et sensorielle. Comment réussissez-vous à capter l’âme des lieux et des gens ?
LG :
Pour moi, chaque projet commence par une écoute attentive. Avant même de penser aux volumes, aux matières ou à la lumière, je prends le temps de comprendre qui sont les personnes qui vont vivre ou travailler dans le lieu. Quels sont leurs rituels, leurs envies, leurs contradictions parfois. C’est en creusant ces récits, souvent intimes, que je commence à entrevoir ce que le lieu peut révéler.

Ensuite, je me laisse guider par l’existant. L’architecture, la lumière naturelle, les traces du passé : tout a une histoire à raconter. Je ne cherche pas à imposer une esthétique, mais plutôt à composer avec ce qui est là, à sublimer l’authenticité.

Mon approche est très sensorielle : j’accorde beaucoup d’importance aux matières, aux textures, aux ambiances olfactives ou sonores. Parce que le design ne se vit pas uniquement avec les yeux — il se ressent. C’est cette attention aux détails, cette recherche d’équilibre entre intuition et écoute qui me permet, je l’espère, de révéler l’âme des lieux et des gens.

NM : Selon vous, quel rôle joue l’architecture d’intérieur dans le bien-être quotidien ? 
LG :
L’architecture d’intérieur a un rôle fondamental dans notre bien-être quotidien, souvent plus qu’on ne l’imagine. Nous passons une grande partie de notre vie dans des espaces construits : chez nous, au travail, dans les lieux publics. Ces environnements influencent notre humeur, notre énergie, notre concentration, notre repos… sans qu’on en ait toujours conscience.

Un intérieur bien pensé peut apaiser, stimuler, rassurer ou inspirer. La manière dont la lumière circule, la qualité de l’air, l’agencement des espaces, le choix des matériaux, des couleurs, des sons — tout cela agit sur nos sens et notre psyché.

Pour moi, l’architecture d’intérieur, ce n’est pas juste une question d’esthétique. C’est une manière de créer des espaces qui répondent profondément aux besoins — visibles et invisibles — de ceux qui les habitent. En ce sens, c’est un véritable outil de mieux-vivre, au quotidien.

NM : Impossible de ne pas évoquer Mr J, votre associé félin… Quel rôle joue-t-il dans cette aventure architecturale ?
LG :
Ah, Mr J… James, mon associé à quatre pattes, est bien plus qu’une simple mascotte du Studio MI. C’est une présence douce, rassurante, presque méditative. Avec son flegme tout britannique et son regard toujours très (trop ?) critique, il veille sur chaque étape du processus créatif.

Il m’aide à ralentir, à prendre du recul, à observer différemment. Dans un métier où l’on court souvent après les délais et les exigences, sa présence me rappelle l’importance du calme et de l’instant. Il apporte aussi une dimension chaleureuse au studio : les clients l’adorent, il crée du lien, détend l’atmosphère, et finit presque toujours par trôner sur un échantillon de tissu ou un plan fraîchement imprimé.

En somme, James incarne l’esprit du Studio MI : une approche sensible, attentive, et un brin décalé — où même un chat peut jouer un rôle dans l’alchimie d’un projet bien mené.

 

Nogent Mag 160_septembre – octobre 2025