Tous Unis > contre les violences conjugales faites aux femmes

Publié le 29 novembre 2025

Evénement ciné débat au Royal Palace, qui avait réservé une salle particulière pour la projection d’un film et de deux témoignages de victimes.
Cette projection avait lieu sous le patronage du maire de Nogent-sur-Marne, Jacques J.P. Martin.

Soirée édifiante autant qu’émouvante mardi 25, avec ce ciné débat proposé par le CCAS à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Le film « Elle m’a sauvée » inspiré des histoires de Laura Rapp et Julie Douib était suivi d’un débat en présence de victimes dont Laura Rapp, elle-même. À ses côtés, Alizé Bernard,  victime également, Maître Arnaud Godefroy, avocat et Frédérique Martz, de Women Safe & Children.

Avec beaucoup de courage, Laura Rapp et Alizé Bernard ont raconté leurs souffrances, l’emprise, la violence, mais aussi les éprouvants déroulés judiciaires auxquels elles ont été confrontées pour s’en échapper et sauver leurs enfants, victimes oubliées.
Laura a particulièrement insisté sur la violence. “J’ai décidé de transformer cette douleur, cette histoire, en force” a-t-elle résumé. Elle a évoqué les séquelles de sa fille et le suivi médical psycho traumatique qui lui a été nécessaire.
Alizé, dont l’ex-mari est gendarme, a résumé les huit années de violences qu’elle a enduré ; d’abord psychologiques puis physiques dès qu’elle était enceinte. “Au début, on reste pour protéger l’enfant. À un moment, on doit partir pour le protéger“.
Au chantage, aux intimidations a succédé un long combat judiciaire. Son fils a menacé de se suicider. Il a fallu 9 ans pour qu’il soit pris en charge.

Rendre justice
Les procédures, les recours, les suivis médicaux sont extrêmement coûteux. Les sommes à débourser pour les victimes sont impressionnantes. Un écueil parfois difficile à surmonter. “Pour un dossier parfait, il faut des traces et des témoignages. Le parcours judiciaire est un calvaire pour les victimes” a expliqué Maître Arnaud Godefroy.

Frédérique Martz, présidente de Women Safe and Children, (association de prise en charge médicale, psychologique et juridique pour les femmes et les enfants victimes) a aussi eu des mots très durs mais réalistes. “Les victimes sont ruinées psychologiquement et financièrement. Violence économique, désescalade sociale, santé mentale. Ces situations impactent les enfants mais aussi la famille. En tant que témoin, il ne faut pas lâcher la main des victimes, il faut les accompagner, s’adresser aux associations”.

Dans d’autres pays, les prises en charge sont bien meilleures. Ce n’est pas encore le cas en France même si les choses avancent dans le bon sens.

En conclusion, le maire a souhaité remercier le courage des femmes qui ont témoigné et a relevé leur parcours particulièrement difficile du fait des lois françaises qui n’ont pas été, comme en Espagne, adaptées pour punir de tels crimes.
Un nouveau combat est à mener pour l’accompagnement des victimes d’actes de violences conjugales ; pour les protéger tout au long de leur calvaire, notamment pendant la période de procédures de justice.

Vous êtes victime ou parent/ami de victimes, un seul numéro 3919. Des permanents sont à l’écoute pour vous guider, vous orienter, vous conseiller.

Le 10 décembre prochain, une soirée TOUS UNIS sera consacrée à la santé mentale avec la projection du film « Les rêveurs » d’Isabelle Carré.

Laura Rapp et Alizé Bernard ont également dédicacé leur dernier ouvrage Protéger nos enfants – les victimes oubliées des violences conjugales (Éditions Leduc société), à la librairie Agora.