Restauration des toiles du salon d’honneur de l’hôtel de ville

Publié le 13 février 2020

LA VILLE PROTÈGE SON PATRIMOINE

Achevée en 1892 par Adrien Karbowsky, l’une des toiles peintes du salon d’honneur de l’Hôtel de Ville, intitulée L’inauguration d’un monument aux morts, est en cours de restauration. L’atelier Lutet-Toti, retenu pour cette opération, travaille sur la toile depuis le début février. Une tâche méticuleuse qui nécessitera trois mois de travaux. Sophie et Yves, restaurateurs de l’atelier, répondent à nos questions.

Comment devient-on restaurateurs d’œuvres d’art ?

Nous avons créé l’atelier Lutet-Toti à Saint-Maur-des-Fossés en 1989 après avoir fait des études d’histoire de l’art et de conservation/restauration des œuvres d’art et des techniques anciennes. Notre souhait était de rester au contact des œuvres, de pouvoir les toucher au quotidien. Le métier de restaurateur de peintures se situe à la croisée des chemins de connaissances en physique/chimie, en peinture et en histoire de l’art.

Nous intervenons pour les collectivités, les musées, les Monuments Historiques mais aussi les particuliers partout en France. Récemment, nous avons travaillé sur les peintures de Joinville-le-Pont, Paris ou encore Marseille. Nous avons même travaillé dans la cathédrale Notre-Dame, avant son incendie, sur une grande peinture de Jouvenet, Le Magnificat.

Pourquoi est-il nécessaire de restaurer la toile du salon d’honneur ?

Cette œuvre est une toile peinte de presque 130 ans, collée aux murs (marouflée, pour reprendre le terme exact). Le temps passant, elle s’est assombrie et encrassée, comme la salle entière. Le vernis, quant à lui, s’est oxydé sous l’action de la lumière, très importante dans cette salle. Enfin, certaines parties de l’œuvre, subissent des décollements qui peuvent être dangereux pour la peinture. Au-delà de l’aspect esthétique, cette restauration est donc une véritable question d’entretien du patrimoine.

Quelles techniques employez-vous pour restaurer cette peinture ?

Nous commençons par faire des tests avec différents solvants pour déterminer celui qui sera le plus adéquat. Les résultats permettent de redécouvrir véritablement la façon de peindre de l’artiste et l’histoire de l’œuvre.

Par exemple, à une certaine époque, un vernis a été appliqué sur cette toile parce qu’elle s’était encrassée. Cela ne facilite pas le travail car il y a deux couches de poussière et de crasse : une au-dessus du vernis et l’autre dessous. De plus, les services techniques de la ville vérifient l’état des murs du bâtiment en fonction des fissures et autres cloques que l’on constate sur la peinture.

Ce travail de restauration durera probablement trois mois. Ce délai est notamment rallongé par le fait que la salle doive être remise en l’état et notre échafaudage démonté pour chaque mariage et cérémonie.

Ce projet de restauration a été subventionné par le fonds de dotation de la Ville pour un montant total de 17 280 €.

Tout savoir sur les six toiles marouflées du salon d’honneur >> site du tourisme

Défiler vers le haut