Centre de consultation Covid-19 « C’est le résultat d’une démarche territoriale »

Publié le 27 avril 2020

Un mois après son ouverture, le 27 mars 2020, le centre de consultation Covid-19, situé dans les locaux de l’espace Simone Veil, a rapidement montré son efficacité. Mobilisation du corps médical et de la Ville, conditions d’accueil optimales, télémédecine… Immersion dans ce lieu où la solidarité a également joué un rôle important.

« Depuis plusieurs jours, je ressens maux de tête, vertiges et grosse fatigue. Je compte les heures pour pouvoir prendre un autre Doliprane », raconte Semlinko, 45 ans. Comme Sandrine, une autre patiente, il se présente au centre, le 23 avril 2020, avec des symptômes de la maladie. Lui aussi a été orienté par un professionnel de santé.

Malgré cela, l’activité du centre est moins intense, on constate une baisse des nouveaux cas. « Entre consultations et téléconsultations, plus de 700 actes médicaux ont déjà été réalisés », indique Frédéric Thibault, urologue à l’hôpital Armand Brillard et coordinateur du projet soutenu par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Communauté professionnelle territoriale de santé Paris Est (CPTS).

Quid de l’objectif initial de désengorger les urgences ? Pour ce dernier, « ça va bien au-delà. Il s’agit surtout de séparer deux types de flux pour limiter l’épidémie en distinguant les patients qui nécessitent une prise en charge à l’hôpital et ceux qui, malgré les symptômes, ont la capacité de se déplacer jusqu’ici. »

« UN SUCCÈS D’ÉQUIPE »

covid-centre de consultation -pogent-sur-marneMatériel médical, logistique, équipements de protection et même denrées alimentaires. « Depuis le début, ce centre fonctionne grâce à des dons et à la solidarité locale, il est le résultat d’une démarche territoriale », souligne le coordinateur du projet. Ville, professionnels de santé, secteurs public et privé ; autant d’acteurs qui ont permis de faire vivre ce centre.

Le système D a également joué un rôle important. « Regardez-ça, qui aurait pensé qu’on recevrait un jour du gel hydroalcoolique de la part d’un laboratoire cosmétique… », s’exclame Frédéric Thibault montrant le produit traditionnellement fourni par des laboratoires pharmaceutiques.

Malgré tout, l’efficacité est toujours au rendez-vous. Il salue les différents corps de métier présents qui disposent des mêmes règles de travail et utilisent le même outil médical. Il qualifie tout cela « d’expérience unique et de succès d’équipe. »
Au total, le centre de consultation regroupe une trentaine de volontaires titulaires, venus essentiellement de Nogent, Le Perreux ou encore Bry.

HORAIRES ET LOCAUX ADAPTÉS À LA CRISE

Le 31 mars, face à l’augmentation du nombre de patients, il a été décidé d’ouvrir le centre toute la journée durant trois semaines. Lors du pic atteint entre les 6 et 12 avril, près de 300 personnes sont venues à l’espace Simone Veil. « En moyenne, nous comptions une quarantaine de passages par jour », indique Frédéric Thibault.

Mais en cette fin avril, la baisse du nombre de patients, effet direct du confinement, permet la reprise de l’amplitude horaire initiale : du lundi au samedi de 14h à 20h. Dès le départ, les locaux ont été pensés afin de répondre au strict respect des mesures barrières : large pièce prévue pour les consultations, salle d’attente avec distance règlementaire entre les chaises, entrées et sorties par deux portes distinctes…

Même s’ils sont orientés par un professionnel, les patients sont invités à répondre à un questionnaire en ligne, il s’agit d’un autodiagnostic qui peut permettre une diminution du temps médical sur place.

LA TÉLÉMÉDECINE, UN RENFORT QUI A SES LIMITES

covid-centre de consultation -pogent-sur-marneLa baisse des consultations a entraîné la hausse des téléconsultations : 259 entre fin mars et le 23 avril. Cette augmentation est due principalement au suivi des patients déjà reçus au centre. Une douzaine de médecins s’y adonne, comme Anne-Marie Bénéteau-Béchara ou encore les frères Benoît et Pascal Bonnet.

En pratique, il suffit de programmer son rendez-vous via l’application Doctolib. La consultation prend ensuite la forme d’une conversation vidéo mais l’acte peut se compliquer pour les personnes plus âgées. « Le rapport d’échanges est différent et le champ d’application limité, estime Benoît Bonnet. Il faut se faire comprendre et être plus attentif pour détecter les symptômes. »

Même problématique pour une consultation téléphonique. Dans les deux cas, les praticiens partent avec un handicap et le gain de temps n’est pas avéré. Pour ce généraliste nogentais, « ces technologies possèdent leurs limites. Rien ne vaut une consultation physique. »

Depuis le début de la crise, de nombreuses personnes n’osent plus consulter médecins et services d’urgence. Le corps médical rappelle qu’il est important de les inciter à retrouver le chemin des cabinets médicaux.

Depuis fin mars 2020, un centre de consultation Covid-19 sur rendez-vous s’est installé dans les locaux de l’espace Simone Veil à Nogent-sur-Marne. En l’espace d’un mois, plus de 400 personnes y ont été accueillies. L’objectif : prendre en charge les personnes présentant les symptômes du virus pour décharger les urgences.
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